Un autre décès lié à une manipulation cervicale!

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Un autre décès lié à une manipulation cervicale!

Katie May, playmate ayant posé pour Playboy et Sports Illustrated, a chuté lors d'un shooting photo. Éprouvant des douleurs cervicales, elle a consulté un chiropraticien qui lui a prodigué des manipulations cervicales, notamment. Elle s'est ensuite plainte de douleurs intenses sur Tweeter:

Pinched a nerve in my neck on a Photoshoot and got adjusted this morning. It really hurts! Any home remedy suggestions loves? XOXO

— Katie May (@Ms_katiemay) January 29, 2016

Deux jours plus tard, suite à une question d'un fan sur les résaux sociaux à propos de ses douleurs, elle lui répond que le cou lui fait encore mal et qu'elle retourne le landemain voir le chiropraticien:

Thanks love! It still hurts, going back to chiropractor tomorrow xoxoxo https://t.co/xTw080sjrK

— Katie May (@Ms_katiemay) February 1, 2016

Le soir même de cette deuxième consultation, elle s'effondre au sol et est transportée à l'hôpital. Trois jours plus tard, elle décède, laissant dans le deuil sa petite fille de 7 ans.

Le rapport du médecin légiste vient apparemment d'être rendu public. Le magazine en ligne TMZ prétend en avoir eu une copie et rapporte qu'on peut y lire qu'une artère a été rupturée suite à la manipulation du chiropraticien, bloquant l'irrigation sanguine, et provoquant l'accident cérébro-vasculaire qui a causé son décès:

[...] she suffered a blunt force injury during a “neck manipulation by [a] chiropractor.” That injury tore an artery in her neck and cut off blood flow to her brain, which led to the stroke that killed her.

Comment expliquer ça?

L'artère vertébrale est la cible la plus fréquente de ces incidents. Il faut comprendre que l'artère vertébrale traverse les vertèbres cervicales par de petits orifices dans une préominence osseuse que l'on nomme aphophyse transverse. Puisque la première vertèbre cervicale fait beaucoup de rotation - près de la moitié de toute la rotation cervicale - l'artère vertébrale subit beaucoup de stress à ce niveau! Certaines personnes vont même présenter des signes d'insuffisance vertébro-basillaire en position de rotation cervicale, sans qu'il y ait quelconque manipulation. Si on ajoute une manipulation dans cette position, qui est défini par un mouvement de faibles amplitude à haute vélocité, alors imaginez le stress additionnel que l'on impose à l'artère. Et si pour une raison quelconque l'artère présente une faiblesse (athérosclérose, anomlaie congénitale, etc.) alors il y a risque potentiel de rupture.

Les chiropraticiens, et possiblement certains autres professionnels de la santé, ont parfois l'habitude de manipuler cette vertèbre dans cette position en fin de rotation cervicale. Voici un exemple de manipulation cervicale en rotation effectuée par un chiropraticien, où l'on voit la position en fin de rotation cervicale afin de procéder à la dite manipulation:

En physiothérapie, une telle manipulation n'est pas actuellement enseignée par l'Ordre Professionnel de la Physiothérapie du Québec. En fait, j'ai appris à pratiquer les manipulations cervicales hautes en position neutre, sans composante de rotation. Par ailleurs, mon approche personnelle consiste à faire des techniques à faible vélocité (mobilisations articulaires, en opposition à manipulations articulaires) dans cette région, et n'utiliser la manipulation cervicale que dans les très rares occasions où les techniques douces ne fonctionnent pas!

On voit très bien le parcours de l'artère vertébrale dans le schéma suivant (les flèches indiquent l'artère vertébrale):

Il est facile de comprendre qu'une haute amplitude de mouvement n'est donc pas nécessaire pour induire une blessure à l'artère vertébrale.

Bref, soyez prudent dans vos choix de vos démarches thérapeutiques!

Références:

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À Propos de l'auteur


ERIC ROUSSEAU

EricPhysiothérapeute depuis 16 ans, Eric s'est tout d'abord spécialisé en thérapie manuelle. Il a acquis une solide expérience en douleurs musculo-squelettiques de toutes sortes. Par ailleurs, il détient les attestations de son Ordre Professionnel afin de pouvoir prodiguer des manipulations périphériques et vertébrales, en toute sécurité. Depuis quelques années, il a décidé d'orienter la plupart de ses lectures et formations continues vers l'évaluation et le traitement des céphalées, des problèmes temporo-mandibulaires, et autres douleurs faciales et à la tête. D'ailleurs, Eric a débuté une formation spécialisée d’envergure internationale, donnée par le Cranio Facial Therapy Academy (CRAFTA). Cette formation basée sur les évidences scientifiques est ouverte aux physiothérapeutes, dentistes et orthophonistes. Elle représente le consensus de plusieurs sommités, et intègre de façon avant-gardiste diverses sphères touchant l’évaluation et le traitement de cette zone complexe. Ceci permet évidemment d’avoir une compréhension approfondie des différentes problématiques douloureuses et de mieux comprendre les interrelations entre la région cervicale, l’articulation temporo-mandibulaire, les os du crâne, ainsi que les structures nerveuses faisant le pont entre toutes ces différentes régions anatomiques, trop souvent considérées de façon isolées, tout en ayant un regard sur la déglutition, les parafonctions et l’occlusion, notamment. Eric participe également à des projets de recherche dont les résultats sont publiés dans des journaux avec revue par les pairs sur le sujet du syndrome d’apnées obstructives du sommeil. Ceci lui permet notamment de mieux comprendre les liens complexes entre douleur, sommeil, morphologie cranio-faciale ainsi que physiologie des voies aériennes supérieures.

Pour plus de détails sur le cheminement de Eric, veuillez consulter son curriculum.